
Pour souligner que la fidélité ultime des Forces canadiennes est acquise, non pas à un politicien, mais à la Reine, les bateaux des forces maritimes du Canada ne sont pas nommés les « navires de Stephen Harper » ou les « corvettes de Paul Martin » mais par cet identifiant: « NCSM »—navire canadien de Sa Majesté. De même, la Reine honore le service de quelques régiments canadiens qui se sont distingués en les nommant royaux comme par exemple, « le Régiment royal du Canada » ou « le Régiment royal de l’Artillerie canadienne ». La Reine et les membres de sa famille servent également en qualité de « colonel-en-chef » de beaucoup d’unités militaires canadiennes, un rôle qui donne à ses membres une cohésion et un lien direct à la couronne, avec le colonel-en-chef agissant en tant que « chef de famille honorifique ». Nous avons tous vu les saluts échangés entre les officiers des Forces canadiennes. Ceux-ci ne sont pas conçus comme un honneur personnel envers l’officier de rang supérieur, mais comme une marque de respect envers la Reine qui est le mandat tenu par tous les officiers—d’où le terme « un officier mandaté ». Un autre type de salut est celui fait par les bataillons d’artillerie pour honorer les anniversaires et les fêtes royales comme lors de la Fête de la Reine Victoria ou lors de la célébration de l’anniversaire de la Reine au Canada.
Toutes les fois que vous revenez au Canada après des vacances à l’étranger ou un voyage de magasinage au sud de la frontière, les officiers de l’Agence des services frontaliers du Canada qui vous posent des questions irritantes portent sur leur uniforme l’insigne ASFC surmonté d’une couronne. Si votre député vous écrit pour répondre à une lettre, l’entête de la lettre et l’ours de l’enveloppe ont les armoiries du Canada. Ce ne sont que quelques-uns des nombreux exemples de la visibilité pour laquelle la Couronne canadienne autorise les symboles qui proclament la Souveraineté canadienne et qui identifient rapidement les fonctionnaires de l’état. L’Autorité héraldique canadienne, agissant au nom du gouverneur-général, exécute la prérogative de la Reine à cet égard, alors que seule la Reine peut personnellement approuver l’utilisation de la couronne royale. Si vous regardez autour de vous et portez attention, vous serez surpris de constater les nombreuses utilisations des armoiries et insignes que vous verrez—de la couronne sur les uniformes militaires aux écus sur beaucoup de véhicules de police. De la même façon, l’Autorité héraldique accorde des armoiries aux individus qui en font la demande. Le design reflète le travail et les intérêts de chaque candidat et n’est pas une procédure qui est peu dispendieuse, mais c’est une belle manière de célébrer un anniversaire ou un accomplissement particulier, et de faire ainsi le lien entre l’héraldique moderne et ses origines antiques par lesquelles des chevaliers, sanglés dans leur armure sur le champs de bataille, pouvaient être identifiés et immédiatement reconnus comme amis ou ennemis.
Si vous avez un jour reçu une citation à comparaitre vous invitant à présenter votre défense dans une cour de justice ou à devenir membre d’un jury, vous aurez probablement remarqué que votre présence est ordonnée « par Sa Majesté la Reine ». De même, le procès criminel est intitulé « Regina VS Untel ». Ceux que nos amis américains appellent « procureur » ou « procureur général », nous les appelons « procureur de la Couronne », c’est la personne qui représente l’état dans des procès pénaux. Naturellement, la Reine n’est pas impliquée personnellement en aucune façon dans ces démarches. Mais le système judiciaire fonctionne en son nom pour souligner que le système judicaire agit selon les règles de droit et non pas selon les sautes d’humeur d’un dirigeant, ou selon les biais d’un système de pots-de-vin comme cela se produit dans beaucoup de pays non-démocratiques. Les juges sont fidèles à la Reine—nos lois sont faites par le Parlement au nom de Celle-ci—et non-pas au nom d’un politicien qui pourrait vouloir qu’une décision penche d’un certain côté, ou vouloir faire emprisonner un adversaire politique embêtant ou pire encore. De la même façon, également, alors que les Canadiens doivent se conformer à des lois, ils n’ont pas à les soutenir—et sont libres de s’exprimer afin d’exiger que le parlement change sa législation. De temps en temps, le gouvernement demandera à un juge ou à un groupe de juges de former « une Commission royale d’enquête », habituellement afin d’enquêter d’une manière indépendante sur des affaires nationales controversées. Quelques Commissions royales d’enquête récentes incluent les commissions royales d’enquête sur les peuples indigènes (1991-1996), sur les nouvelles technologies de reproduction (1993-1994), et sur le futur des soins de santé au Canada (2002-2004).
Si vous allez camper pendant une fin de semaine ou si vous allez faire un piquenique à la campagne, vous pourriez voir dans un terrain de camping provincial, ou même dans un parc fédéral, une signalisation qui se lit comme suit: « Terre de la Couronne—Chasse interdite ». Le terme ne signifie pas que la Reine elle-même possède ou qu’elle administre le parc, mais que son gouvernement—élu par nous au provincial ou au fédéral—le possède et le gouverne. À travers tout le Canada, de vastes régions de forêt et de toundra sont des terres de la Couronne. Le gouvernement fédéral possède certains ponts et voies navigables et ainsi ils sont patrouillés par le GRC plutôt que par une force de police provinciale ou locale. De la même manière, certaines provinces, telles que l’Ontario. ont maintenu la tradition d’identifier ces voies de passage comme étant la « Route du Roi »—(se référant au monarque qui régnait quand la route a été construite), afin de souligner que tous y ont accès—rappel d’un temps plus lointain dans notre histoire quand la plupart des routes étaient privées, alors que c’étaient à leurs propriétaires et non pas au gouvernement d’exiger un droit de passage qui ne servait alors qu’à leur enrichissement personnel.
Quelques routes importantes ont aussi été nommées en l’honneur de nos monarques—ainsi l’autoroute « Queen Elizabeth Way » en Ontario, qui va de Toronto à Niagara et honore la feu-Reine Mère Victoria de sa tournée avec le Roi en 1939; de même l’autoroute « Queen Elizabeth II Highway » de l’Alberta qui relie Edmonton et Calgary, rebaptisée par le gouvernement en 2005 quand notre actuelle Reine est revenue chez elle pour célébrer le centenaire de l’Alberta dans la Confédération.
Regardez votre portefeuille : sur chaque pièce de monnaie il y a l’effigie de la Reine du Canada. De temps en temps vous pouvez aussi tomber sur une pièce de monnaie frappée à l’effigie de notre roi, George VI, qui est mort en 1952. Et très rarement—peut-être en fouillant dans un vieux bureau—vous pourriez trouver une pièce avec une gravure de George V, le grand-père de notre Reine. Ce sont toutes des pièces de « monnaie légale » quoique vous pourriez vouloir collectionner les pièces qui sont plus anciennes. De même, si par chance vous avez un billet de 20 $ dans votre portefeuille, le portrait de la Reine y apparait aussi. Depuis le commencement de l’histoire du Canada, certains billets de banque et toutes les pièces de monnaie sont frappées ou imprimés avec l’image du Souverain, non-seulement comme élément de fierté et d’identité nationale, mais également comme garantie que « cette pièce de monnaie ou ce billet de banque a véritablement cours ».
La Reine a « un anniversaire officiel » dans chacun des pays où elle est la Souveraine. Au Canada, le Parlement a décidé que celui-ci devrait coïncider avec « le jour de la fête de la Reine (Victoria) », ce sont des jours fériés populaires en mai comportant piqueniques et feux d’artifice, et qui marquent la date de naissance réelle (le 24 mai) de la Reine Victoria, la mère de la confédération. Le jour de Noël, la Reine lit, à midi, un discours de réflexion et d’encouragement au Commonwealth, alors que normalement les familles canadiennes se réunissent autour de la table pour entendre notre Monarque, présider sur ces fêtes qui revêtent une importance religieuse pour les croyants de cette dénomination chrétienne, mais marque également, pour les sujets de toute autre confession, un moment de bonheur. De la même manière, la plupart des dénominations chrétiennes incorporent, régulièrement ou de temps en temps, une prière pour la Reine dans l’exercice de leur culte.
Nous avons tous vu des anciens combattants porter fièrement leurs médailles le jour du Souvenir. Peut-être qu’un de vos voisins ou amis a reçu le Prix du Gouverneur général pour l’Entraide, ou la Médaille du Jubilé d’Or. Comme « émettrice de toute distinction honorifique » la Reine approuve personnellement l’établissement et la conception de tous les honneurs et décorations du Canada. Cela inclut les distinctions honorifiques nationales, y compris l’ordre du Canada; beaucoup des honneurs provinciaux tels l’ordre de l’Ontario et l’ordre du mérite de la Saskatchewan, et les décorations données à nos courageux soldats telles la Croix de Victoria canadienne, ainsi que les médailles honorant l’héroïsme civil telles que la Médaille de la Bravoure. On permet également à quelques organismes de donner des médailles et autres honneurs qui citent le nom de la Reine, tel le titre d’Aventurier de la Reine, des Scouts du Canada.
Les juges, les gens élus au Parlement ou aux législatures provinciales, et nos nouveaux concitoyens Canadiens prêtent tous un serment d’allégeance à la Reine quand ils commencent à assumer leurs responsabilités respectives. Ils soulignent de ce fait que leur devoir est envers le pays dans son ensemble, personnifié par la Reine. Le serment d’allégeance est réciproque, parce qu’à son couronnement la Reine fait serment de servir ses peuples, « selon leurs lois et coutumes respectives ». Certains organismes privés incorporent également une forme ou une autre de serment de fidélité à la Reine, selon leurs traditions, comme les Scouts, la plupart desquels ont une composante d’engagement sur l’honneur « d’accomplir son devoir envers Dieu et envers la Reine ».
Vous verrez souvent un portrait de la Reine accroché au mur, par exemple, dans les casernes de pompiers, les écoles, les bâtiments civiques, les salles de tribunal, les chambres de conseil civiques et les bureaux de poste. Disponible sans frais à une succursale du gouvernement ou par l’intermédiaire de la Ligue monarchiste, ces portraits sont accrochés par des organismes canadiens et des individus pour manifester leur fierté de l’identité Canadienne et leur affection pour notre Souveraine, de la même façon que dans nos maisons nous avons des portraits de famille ou des photos de nos parents.
Postes Canada émet toujours au moins un timbre-poste à l’effigie de la Reine au tarif d’une lettre au taux de première classe, pour circulation à l’intérieur du Canada. Ce timbre, dont l’approvisionnement est constamment assuré, s’appelle un timbre « définitif ». Au cours des années, le bureau de poste a également imprimé des timbres de la Reine et des membres de la famille royale pour honorer des occasions spéciales, telles que le Jubilé d’Or de notre monarque en 2002 et l’anniversaire du Centenaire de la Reine Mère en 2000. Ceux-ci s’appellent les « timbres commémoratifs ». D’autres commémorations avec des associations royales ont inclues des timbres honorant d’anciens gouverneurs général, ou les réunions des chefs de gouvernement du Commonwealth. Comme des pièces de monnaie et des billets de banque, ils gardent leur valeur à jamais—et d’une certaine manière, cela attire l’attention des destinataires du courrier sur le visage humain derrière notre forme de gouvernement monarchique.
Le Parlement canadien est formé par la Reine, par le Sénat et par la Chambre des communes. Aucun projet de loi ne peut devenir un statut (une « loi ») sans la Sanction royale. Le Parlement est convoqué par la Reine, et ne peut seulement être dissous que par une telle action royale. La prorogation—la clôture d’une session parlementaire—est également un acte de la prérogative royale; et, comme les évènements récents l’ont démontré, ce n’est pas seulement une simple formalité. Le Parlement commence toujours la session par un discours du Trône, lu par le monarque ou par le gouverneur-général, au niveau fédéral, ou par le lieutenant-gouverneur, au niveau provincial. Et toute requête de déboursement d’argent doit être accompagnée d’une recommandation royale. De cette façon, le rôle antique de la couronne continue son rôle de protecteur de la stabilité et de l’équité du système politique.
Comme plusieurs aspects importants de la vie—la courtoisie, la bonté, la compassion—l’hymne royal, populairement connu sous le nom de « Dieu protège la Reine », est entonné non pas en raison d’une quelconque législation, mais bien parce que les gens souhaitent montrer leur fidélité à la Souveraine et au pays en chantant ainsi à l’unisson. Vous entendrez souvent l’hymne royal chanté ou joué lors d’une série d’évènements, qui incluent des réunions de la Légion, des déjeuners du Club Rotary, ainsi que lors de cérémonies scolaires et de services religieux.
Royal»
La Reine encourage les activités culturelles, éducatives et charitables de la vie canadienne en accordant l’honneur très rare de la désignation de « Royal » ou « Patronage Royal ». Ainsi une de nos compagnies de ballet de renommée mondiale est devenue en 1953 le Ballet Royal de Winnipeg, et l’organisme bien connu qui a aidé nos anciens combattants à gagner cette désignation, la Légion canadienne royale, en 1962. Les plus récents de telles désignations ont été l’Association numismatique canadienne royale (2007), et le Centre royal de théâtre du Manitoba et la Société royale des sciences de sports de chiropraxie (Canada), tous deux en 2010. Beaucoup d’éléments des forces armées, des forces policières et d’autres entités de gouvernement ont également l’appellation « royal » comme la Gendarmerie royale de Terre-Neuve. L’association navale canadienne a reçu le patronage de la Reine en 1995. D’autres membres de la famille royale peuvent également donner leur patronage—par exemple, celui du prince de Galles à L’orchestre symphonique de Regina, ou celui de la Princesse royale Anne à l’Association thérapeutique canadienne d’équitation.
Une marque de respect et d’affection envers la Reine se produit au cours de nombreux dîners publics, cérémonies militaires et même lors du repas familial, quand « le toast fidèle » est porté par ces mots profondément simples, « la Reine », de la même manière que l’on proposerait un toast à ses parents pour leurs noces d’or, ou à un ami qui vient de recevoir une promotion, ainsi les Canadiens boivent souvent à la santé du chef de famille de la nation, la Reine.